L’information en système

Le besoin de capter l’information est vital pour tout dirigeant. Aujourd’hui, l’outil digital lui offre une visibilité à 360°, et une véritable capacité de faire performer son organisation.

« L’information, c’est le pouvoir », clamait John Edgard Hoover au milieu du XXème siècle. Le sulfureux fondateur du FBI, idéalement placé pour exprimer et mettre en œuvre son dogme, avait bien compris que la maitrise des informations, leur référencement et leur utilisation, sont de formidables instruments de contrôle, de coercition, d’aide à la décision, et donc de pouvoir. Pour être ainsi utilisée, l’information doit être matérialisée. Elle devient alors une donnée, et peut servir de point de départ à une analyse. Cette donnée – la « data », dans le jargon de l’entreprise – doit donc être fiable, disponible, référencée et datée.

« Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé », théorisait Nicolas Machiavel à l’aube du XVIème siècle. Visionnaire, le fameux philosophe italien nourrissait ainsi ce besoin vital de chaque dirigeant, celui de savoir, de connaître les faits du passé, pour prendre les bonnes décisions et anticiper l’avenir. Avec cinq-cents ans d’écart, les deux théoriciens s’accordaient donc sur un point, le besoin de capter l’information est vital pour tout dirigeant.

Mais s’il fallait compter plusieurs jours aux contemporains de Machiavel – ou plusieurs minutes aux hommes de Hoover – pour transmettre une information d’un territoire à un autre, avec une problématique évidente de « fraîcheur de l’information », elle traverse aujourd’hui la planète en quelques secondes, notamment grâce aux outils numériques et digitaux. En plus de connaître le passé, il est maintenant possible de matérialiser le présent. Ce présent devient ainsi palpable, « direct », et transforme notre façon d’appréhender les faits. Au XXIème siècle, pour prévoir l’avenir, il convient de tirer les leçons du passé, mais également de « voir le présent », dans un monde de plus en plus rapide et mouvant.

Le monde de l’entreprise s’est saisit de ce besoin de connaissance, et plus particulièrement de référencement des connaissances. Le concept de Knowledge Management, développé dans les années quatre-vingt-dix, va dans ce sens. Pour Jean-Yves Prax, pionnier de la gestion des connaissances en France, il s’agit de capter l’intelligence collective, les connaissances personnelles d’un collaborateur, pour les mettre au profit d’une organisation. Ce partage d’information permet de mettre les hommes en réseau et de créer de la valeur.

La maîtrise des informations répond donc à trois enjeux majeurs pour l’entreprise : instrument de pouvoir, outil d’aide à la décision et vecteur de performance, de différentiation et de synergie. A l’heure de la transformation digitale et du data-roi, maîtriser l’information n’est donc plus un luxe mais une absolue nécessité. Des outils digitaux sont spécialement créés et développés pour que les entreprises soient en capacité de capter, traiter, organiser, stocker et diffuser l’information. L’ensemble de ces outils forme ainsi un système d’information, dont l’architecture doit être le reflet digital de l’organisation utilisatrice.

Une étude menée par le Capgemini et MIT montre que les entreprises dont la maturité digitale était forte, voyaient leur performance augmenter de 26%, et leurs valorisation financière de 12%. L’important investissement consenti, pour le déploiement de l’outil digital de gestion, est amorti par le gain en performance. Les entreprises l’ont bien compris, et investissent massivement dans les solutions digitales.

Alors que les entreprises de toutes tailles entament leur transformation digitale, les éditeurs de solutions de gestion et de Business Intelligence ont de beaux jours devant eux. « Dans une révolution, il deux types de gens : ceux qui la font, et ceux qui en profitent », commentait, fort à propos, Napoléon Bonaparte au début du XIXème siècle. Avec une demande accrue, un écosystème particulièrement favorable, et une révolution des pratiques, les éditeurs de logiciels peuvent envisager sereinement le XXIème siècle.